La villa de Méron est de celles dont
Pépin dota l'abbaye St Aubin d'Angers et que Charlemagne lui
confirma en 769. Un arrêt même du parlement de 1445
attribue la donation première au roi Ghildebert, et de ces
temps mérovingiens une monnaie existe, qui y atteste
l'existence, comme à Lézon (St Just sur Dive), sa
voisine, d'un atelier monétaire. Le type même en est
remarquable, étant le seul, si je ne me trompe, qui porte en
légende le mot Domus: Mironno
domo. La forêt de Lançon
dépendait au VIIIe siècle de la terre et
le tout faisait partie du Poitou et de la viguerie de Loudun.
Il n'est fait mention de l'église qu'au IXe siècle. Elle est
dédiée à St Césaire et appartient avec
son domaine à Gaubert, l'un des fidèles du roi Charles
le Chauve. Il la donne par échange en 849 à l'abbaye de
St Florent, qui, un moment dépossédée, en
redevient propriétaire dans les premières années
du Xe
siècle par la libéralité de Drogon, et la
possédait encore en 1122, mais non plus 10 ans plus tard. Au
milieu de cette confusion le droit des moines de St Aubin sur la
terre entière, curtis, était
resté incontesté. Il est reconnu par le comte en 966
et, particularité curieuse, en vertu cette fois d'une
tradition qui en attribue le don à St Hilaire. A
côté d'un prieuré, richement dôté,
s'éleva son église, dédiée à St
Aubin et qui par un accord sans doute entre les deux abbayes, amena
la suppression de St Césaire et est devenue l'église
paroissiale.

Le domaine du prieuré formait un fief important, - "tout d'une piècze entière, sans ce que aucuns autres seigneurs ayent enclaves", est-il dit en 1492, - avec une écluse, un moulin et d'immenses communaux. Il était titré de châtellerie et relevait du château de Saumur. En mémoire de la donnation royale le prieur et ses sujets étaient tenus d'aller en procession chaque année, le jour de la Quasimodo, et au retour de faire bénir une quantité de fouaces dite de la maillée, qui se distribuaient à tout venant, à charge de prier pour le prince.
A l'extrémité, vers le sud de la paroisse, un autre prieuré, Panreux, dépendait de l'abbaye de Mauléon. La paroisse, réunie à l'Anjou dès le XIe siècle, faisait partie du diocèse de Poitiers, de l'archiprêtré de Thouars, de l'élection et du district de Montreuil-Bellay en 1788, du district en 1790 de Saumur.